Sans compter les nombreuses visiteuses médicales qui nous vantaient les mérites de leurs laits artificiels pendant les stages en pédiatrie/maternité. Bref, que je me sois laissée envahir sans aucune résistance par tous ces mythes m‘étonne encore maintenant.

Mes amies, elles, avaient décidé d’allaiter. Du coup, en tant que médecin, j’ai commencé à me renseigner sur l’allaitement pour pouvoir les aider un peu. Déjà, mon regard avait un peu changé.

Deux ans après, quand on m’a dit que je risquais de perdre ma fille à 22 SA, je me suis dit “Si elle nait prématurée, je l’allaiterai !” Mais finalement, elle est née à 40 SA ! J’ai hésité en salle d’accouchement et puis je lui ai quand même refilé du lait artificiel. Ça, au moins, je connaissais… Par la suite, ma fille en a décidé autrement : elle buvait mal ses biberons, pleurait beaucoup et cherchait en permanence à téter mes seins. Du coup, quand elle a eu dix jours, n’en pouvant plus, je me suis finalement décidée à l’allaiter et me suis lancée dans une relactation. J’ai dû beaucoup me renseigner auprès de personnes compétentes et, à partir de là, mon intérêt pour l’allaitement en général n’a cessé de grandir. Si j’avais un troisième enfant, je ne me poserais vraiment aucune question : allaiter son enfant est pour moi une telle évidence à présent !
J’ai beaucoup de mal, à présent, à voir un nourrisson nourri au lait artificiel… Mais bon, vu mon “passé”, je ne permets aucun jugement ! Je me contente de parler de l’allaitement avec bonne humeur et lui donner une bonne image, en espérant que cela motive les mamans à allaiter leur prochain enfant, et je fais tout ce que je peux pour aider les mamans allaitantes qui rencontrent des problèmes.

Témoignages recueillis par la revue Grandir Autrement, publié le mardi 21 juillet 2009