Loraine D., maman de 2 enfants, l’ainé non allaité, le deuxième de 25 mois (allaité)
Par Isaline le mardi, mars 9 2010, 17:37 - Témoignages - Lien permanent
Le chemin qui peut mener à l’allaitement dépend de son vécu personnel, qu’il soit conscient ou non. Il y a autant de chemins que de femmes.
Loraine D., médecin généraliste, baignait dans les mythes négatifs de l’allaitement et les publicités pour le lait artificiel. Malgré son choix initial de nourrir sa fille au lait artificiel, elle a suivi les appels de son bébé et a finalement commencé à l’allaiter dix jours après sa naissance.
Ce qui m’avait convaincue de ne pas allaiter mon fils ? C’est bien connu ! L’allaitement, c’est crevant, ça fait mal, ça rend les enfants dépendants, ça ramollit les seins, etc.Sans compter les nombreuses visiteuses médicales qui nous vantaient les mérites de leurs laits artificiels pendant les stages en pédiatrie/maternité. Bref, que je me sois laissée envahir sans aucune résistance par tous ces mythes m‘étonne encore maintenant.
Mes amies, elles, avaient décidé d’allaiter. Du coup, en tant que médecin, j’ai commencé à me renseigner sur l’allaitement pour pouvoir les aider un peu. Déjà, mon regard avait un peu changé.
Deux
ans après, quand on m’a dit que je risquais de perdre ma fille à 22 SA,
je me suis dit “Si elle nait prématurée, je l’allaiterai !” Mais
finalement, elle est née à 40 SA ! J’ai hésité en salle d’accouchement
et puis je lui ai quand même refilé du lait artificiel. Ça, au moins,
je connaissais… Par la suite, ma fille en a décidé autrement : elle
buvait mal ses biberons, pleurait beaucoup et cherchait en permanence à
téter mes seins. Du coup, quand elle a eu dix jours, n’en pouvant plus,
je me suis finalement décidée à l’allaiter et me suis lancée dans une
relactation. J’ai dû beaucoup me renseigner auprès de personnes
compétentes et, à partir de là, mon intérêt pour l’allaitement en
général n’a cessé de grandir. Si j’avais un troisième enfant, je ne me
poserais vraiment aucune question : allaiter son enfant est pour moi
une telle évidence à présent !
J’ai beaucoup de mal, à présent, à voir un nourrisson nourri au lait
artificiel… Mais bon, vu mon “passé”, je ne permets aucun jugement ! Je
me contente de parler de l’allaitement avec bonne humeur et lui donner
une bonne image, en espérant que cela motive les mamans à allaiter leur
prochain enfant, et je fais tout ce que je peux pour aider les mamans
allaitantes qui rencontrent des problèmes.
Témoignages recueillis par la revue Grandir Autrement, publié le mardi 21 juillet 2009