Carole L, maman d’Enzo 7 ans (non allaité) et Inès 1 an (allaitée).
Par Isaline le mardi, mars 9 2010, 17:57 - Témoignages - Lien permanent
Carole L. n’envisageait pas du tout allaiter son premier enfant, même si la tétée de bienvenue aurait pu la tenter. Durant sa deuxième grossesse, elle était décidée à tenter d’allaiter.
Pendant ma première grossesse, je ne me suis même pas posé de question, il était inenvisageable pour moi d’allaiter : peur, dégoût, mal informée, envie que le papa participe, et personne autour de moi n’allaitait. Pourquoi je ne voulais pas allaiter ? Je n’en sais trop rien, probablement un peu de tout à la fois.
En salle d’accouchement, sous péridurale et avec un travail très long, bébé qui ne descend pas, on parle un peu allaitement avec la sage-femme. Je lui dis que non, je suis sûre de moi, je préfère le bib, elle n’insiste un peu, mais pas trop. Une fois mon bébé né, on me le laisse en peau à peau pendant une bonne heure. Petit doute, légère envie de mettre ce bébé au sein… Je me dis aujourd’hui que, si on m’avait proposé à ce moment-là une tétée de bienvenue, je l’aurai tentée avec plaisir. J’ai même essayé quelques temps plus tard, alors que mon bébé avait 3 ou 4 semaines, de le mettre au sein, mais sans succès. Mon seul regret, aujourd’hui, est de ne pas avoir osé demander cette tétée en salle de naissance. Pour mon deuxième bébé, aucun doute, avant même de savoir si nouveau bébé il y aurait, je voulais l’allaiter ! Je me suis beaucoup renseigné pendant ma grossesse, beaucoup lu, le tout sans me mettre la pression, je me disais on verra, on essaie et on voit ce que ça donne.
Les débuts ont été difficiles mais sans plus. Seule la mise au sein me posait quelques petits soucis. Aujourd’hui, ma fille a un an et elle est en cours de sevrage ; elle n’a plus qu’une tétée par jour. Cette année lactée n’a été que du bonheur.
Mon fils ne semble pas traumatisé d’avoir eu des bib et de voir sa sœur au sein. Pour lui, la norme, c’est le sein. Il m’a bien sûr posé la question de savoir pourquoi sa sœur était allaitée et pas lui. Ce à quoi je lui ai répondu, en toute franchise, que quand il était né, je n’avais pas trop envie d’allaiter. Mais j’ai bien insisté sur le fait que je ne l’en aime pas moins pour autant.
Témoignages recueillis par la revue Grandir Autrement, publié le mardi 21 juillet 2009